Chiffres et textes vérifiés le 18 septembre 2026. Les sources sont en bas de page.
Ce que ces chiffres veulent dire pour vous. Environ une OQTF sur huit est exécutée. Près d'une sur cinq est annulée par le tribunal quand elle est contestée dans les délais. Quand l'OQTF accompagne un refus de titre de séjour, l'exécution tombe à 7 %. Une OQTF n'est donc pas une fatalité : c'est une décision administrative qui se conteste, souvent avec succès, à une condition absolue : agir dans le délai, qui se compte en jours et parfois en heures depuis la réforme du 15 juillet 2024. Les chiffres 2025 sont ceux du ministère de l'Intérieur transmis au Parlement ; le ministère n'a pas publié de bilan national 2026 au 18 septembre 2026.
Une OQTF n'arrive presque jamais seule. L'arrêté préfectoral que vous tenez contient en général quatre à six décisions distinctes, empilées dans un même document, et chacune se conteste. Les repérer est le premier travail, avant même de parler de délai.
Il y a d'abord, souvent, un refus de titre de séjour ou de renouvellement : c'est la cause, et l'OQTF en est la conséquence. Puis l'obligation de quitter le territoire elle-même, avec ou sans délai de départ volontaire de trente jours. Puis, si le délai est refusé, une interdiction de retour (IRTF), automatique dans ce cas, d'une durée que le préfet doit motiver. Puis la décision fixant le pays de renvoi, qui se discute séparément quand vous y courez un risque. Parfois enfin une assignation à résidence, ou un placement en rétention. Le tout tient sur quatre pages, et l'ordre des paragraphes ne correspond pas à leur importance.
Exemple : une personne reçoit un refus de renouvellement de son titre « salarié » après un changement d'employeur, avec OQTF sans délai et IRTF de deux ans. Le premier réflexe est de contester l'expulsion. Le bon angle est ailleurs : le refus de titre repose sur une autorisation de travail que l'employeur avait bien demandée, mais que la préfecture n'avait pas rattachée au dossier. Le refus tombe, l'OQTF et l'IRTF avec lui.
Pour poser le vocabulaire une fois pour toutes : ce qu'est une OQTF, ce qui distingue l'IRTF de l'OQTF, et ce qu'une IRTF change pour une demande de titre.
Avant le 15 juillet 2024, il existait une douzaine de délais différents. Le décret du 2 juillet 2024 en a fait trois, et la clé n'est plus le « type » d'OQTF mais votre situation au moment de la notification.
Si vous êtes libre, sans assignation ni rétention, vous avez un mois, que l'arrêté vous laisse un délai de départ ou non. Le recours suspend l'éloignement jusqu'au jugement, rendu en principe dans les six mois. C'est la situation la plus fréquente : un mois pour construire un dossier sérieux, ce qui est court mais suffisant.
Si vous êtes assigné à résidence, ou si la décision vous est notifiée en détention, vous avez sept jours. Le tribunal statue à juge unique dans les quinze jours. L'assignation se conteste dans la même requête.
Si vous êtes placé en rétention, vous avez quarante-huit heures, décomptées en heures à partir de la remise de la décision. Le tribunal statue dans les quatre-vingt-seize heures. Le recours se dépose depuis le centre, où un avocat de permanence intervient gratuitement. Le juge judiciaire, lui, contrôle la rétention elle-même : ce sont deux audiences, deux juges, deux objets.
Dernier cas, moins connu : si vous êtes placé en rétention ou assigné après avoir déposé votre recours, le tribunal accélère et statue dans un délai de cent quarante-quatre heures ou de quinze jours.
| Procédure | Votre situation | Délai de recours | Délai de jugement | Formation |
|---|---|---|---|---|
| Ordinaire | OQTF avec ou sans délai de départ volontaire, sans mesure restrictive de liberté | 1 mois | 6 mois | Collégiale |
| Spéciale | Assignation à résidence, ou notification en détention (aussi transferts Dublin) | 7 jours | 15 jours | Juge unique |
| Prioritaire | Placement en rétention administrative | 48 heures | 96 heures | Juge unique |
| Placement en cours d'instance | Rétention ou assignation après le dépôt du recours | Recours déjà déposé | 144 heures ou 15 jours | Juge unique |
| Appel | Jugement du tribunal administratif | 1 mois | Variable | Cour administrative d'appel, non suspensif |
À retenir : un recours gracieux ou hiérarchique ne prolonge pas le délai d'un mois contre une OQTF, contrairement à la règle générale. Seul le recours au tribunal compte. Et l'IRTF, le pays de renvoi et le refus de délai de départ se contestent dans la même requête, dans le même délai.
Le dernier taux publié est de 18 % d'annulations en première instance, pour 2023. Ce chiffre cache une réalité : les OQTF contestées avec un vrai dossier tombent bien plus souvent que celles contestées à la hâte, et beaucoup ne sont jamais contestées. Voici sur quoi le juge se prononce, dans l'ordre où il le fait.
La légalité externe d'abord : le signataire avait-il délégation ? La décision est-elle motivée en fait et en droit, ou par des formules toutes faites ? Une motivation stéréotypée, qui ne dit rien de votre situation, est un motif d'annulation à elle seule.
La légalité interne ensuite. L'erreur de fait : durée de présence, situation familiale, emploi, état de santé mal appréciés. Le droit au séjour : si vous remplissez les conditions d'un titre de plein droit (conjoint de Français, parent d'enfant français, étranger malade, dix ans de présence pour certains ressortissants), l'OQTF ne peut pas être prise. La vie privée et familiale, article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme : ancienneté du séjour, liens en France, absence de liens dans le pays d'origine. L'intérêt supérieur de l'enfant, quand des enfants sont scolarisés. Les risques en cas de retour, article 3 de la Convention, qui visent la décision fixant le pays de renvoi. Et enfin la proportionnalité du refus de délai de départ et de la durée de l'IRTF.
Un point d'attention pour les personnes mariées : une OQTF après un mariage se discute d'abord sur la réalité de la communauté de vie et l'ancienneté du mariage, pas sur la régularité de l'entrée. Et pour ceux qui découvrent une vieille OQTF au moment d'une nouvelle demande : une OQTF vieille d'un an ou plus reste exécutable trois ans depuis la loi de 2024, ce qui change la stratégie.
Ce que l'annulation change : l'OQTF disparaît, l'IRTF avec elle. Le juge peut enjoindre à la préfecture de vous délivrer un titre ou une autorisation provisoire, et de réexaminer votre situation sous un délai fixé. En rétention, l'annulation met fin à la rétention. Si vous avez dépassé le délai, tout n'est pas perdu : une demande d'abrogation fondée sur des éléments nouveaux, un référé-liberté en cas d'éloignement imminent vers un pays dangereux, et la contestation du prochain refus de séjour restent possibles. Une IRTF, elle aussi, peut être levée sous conditions.
Combien de temps ? Quatre-vingt-dix jours dans le cas général, par prolongations successives décidées par le juge judiciaire. Depuis la loi du 27 juillet 2026, jusqu'à deux cent dix jours pour les étrangers condamnés pour des faits graves et représentant une menace, avec un plafond cumulé de trois cent soixante jours pour une même mesure (cinq cent quarante pour les profils terroristes ou de criminalité grave) et un maximum de cinq placements. Le Conseil constitutionnel a exigé que chaque prolongation soit motivée par une menace réelle, actuelle et d'une particulière gravité.
Qui sort, et comment ? En 2025, 44 % des sorties de rétention ont été décidées par un juge, très majoritairement le juge judiciaire, qui contrôle la régularité de l'interpellation, de la garde à vue et du placement. C'est le rôle de l'avocat de permanence du centre. Le juge administratif, lui, annule l'OQTF ; c'est là que Mon Avenir en France intervient, pour reprendre un dossier en vue de l'audience du tribunal administratif.
Et l'aide au retour ? L'OFII propose une aide, jusqu'à 1 200 €, réservée aux personnes sous OQTF. Elle a un sens quand aucun droit au séjour n'est défendable ; elle n'en a aucun tant qu'un recours sérieux est possible. Ne signez rien en rétention sans comprendre ce que vous signez.
Six textes en deux ans. Ce qui change pour vous, en une ligne chacun.
| Ce qui change pour vous | Depuis | Le texte |
|---|---|---|
| Une OQTF reste exécutable 3 ans au lieu d'1 ; rétention initiale de 4 jours ; fin de la rétention des mineurs ; certaines protections contre l'éloignement écartées en cas de menace grave | 28 janvier 2024 | Loi du 26 janvier 2024 |
| Trois délais de recours au lieu de douze : 1 mois (libre), 7 jours (assignation ou détention), 48 heures (rétention) ; un recours gracieux ne prolonge plus le délai | Décisions notifiées depuis le 15 juillet 2024 | Décret du 2 juillet 2024 |
| Davantage de refus de séjour (+40 % en 2025), donc davantage d'OQTF prises à leur suite | 23 janvier 2025 | Circulaire du 23 janvier 2025 |
| Pas de rétention d'un demandeur d'asile sur simple menace à l'ordre public ; l'allongement à 210 jours est d'abord censuré | 23 mai et 7 août 2025 | Décisions du Conseil constitutionnel |
| Au-delà de 60 jours, une prolongation unique de 30 jours ; plafond de 90 jours inchangé ; empreintes sous contrainte | 12 août 2025 | Loi du 11 août 2025 |
| Rétention jusqu'à 210 jours pour les condamnés graves et dangereux ; 360 jours cumulés maximum pour une même mesure (540 en matière terroriste) ; 5 placements au plus | 28 juillet 2026 | Loi du 27 juillet 2026 |
Ce qui ne change pas : le recours déposé dans le délai suspend l'éloignement ; l'IRTF se conteste avec l'OQTF ; l'aide juridictionnelle reste accessible sans condition de séjour régulier ; l'aide au retour de l'OFII (jusqu'à 1 200 €) est réservée aux personnes sous OQTF.
Nous intervenons dès la notification, dans le délai d'un mois, de sept jours ou de quarante-huit heures.
Le questionnaire calcule votre délai à partir de la date de notification. Gratuit, sans coordonnées, une minute.
Sous 24 heures, votre arrêté et vos documents sont étudiés avec un avocat partenaire : refus de séjour, OQTF, IRTF, pays de renvoi.
Recours en annulation, référé si l'urgence l'exige, reprise d'un dossier en rétention pour l'audience du tribunal administratif.
Nous n'intervenons pas devant le juge judiciaire sur la rétention elle-même. La mission est écrite avant tout engagement.
Un mois à compter de la notification dans la plupart des cas, avec ou sans délai de départ volontaire. Sept jours si vous êtes assigné à résidence ou si la décision vous est notifiée en détention. Quarante-huit heures si vous êtes placé en rétention.
Oui. Un recours déposé dans le délai empêche l'exécution de l'OQTF jusqu'au jugement du tribunal administratif. Passé le délai, l'OQTF devient exécutable, et elle le reste pendant trois ans.
Trois ans à compter de sa notification, depuis la loi du 26 janvier 2024, contre un an auparavant. Pendant cette période, un placement en rétention ou une assignation à résidence restent possibles.
Le dernier taux publié est de 18 % d'annulations en première instance, pour l'année 2023. Les annulations tiennent le plus souvent à la motivation, à l'erreur de fait ou à la vie privée et familiale.
Une OQTF non annulée reste exécutable trois ans, et une nouvelle demande de titre ne la suspend pas. La bonne voie est de contester l'OQTF dans le délai, en faisant valoir le droit au séjour dans la requête.
Le recours en annulation est irrecevable. Restent, selon les cas, une demande d'abrogation fondée sur des éléments nouveaux, un référé-liberté en cas d'éloignement imminent vers un pays dangereux, et la contestation d'un nouveau refus de séjour.
L'interdiction de retour vous interdit de revenir en France, et dans l'espace Schengen, pendant une durée fixée par le préfet. Elle tombe avec l'OQTF si celle-ci est annulée. Sinon, elle peut être abrogée sur demande, notamment si vous avez quitté la France dans le délai et le prouvez.
Non. L'OQTF met fin au droit au séjour et au droit de travailler. Seule son annulation, ou une décision du juge enjoignant la délivrance d'un document provisoire, rétablit ces droits.
Quatre-vingt-dix jours dans le cas général. Depuis la loi du 27 juillet 2026, jusqu'à deux cent dix jours pour les étrangers condamnés pour des faits graves et représentant une menace, avec un plafond cumulé de trois cent soixante jours pour une même mesure.
Il n'est pas obligatoire en première instance, mais les délais sont courts et les moyens techniques. En rétention, un avocat de permanence intervient gratuitement. L'aide juridictionnelle est accessible sans condition de régularité du séjour.
Le délai de recours est celui de votre situation : un mois si vous êtes libre, sept jours en cas d'assignation, quarante-huit heures en rétention. Les risques en cas de retour se discutent devant le tribunal administratif, même après la décision de la Cour nationale du droit d'asile.
Ce n'est pas une protection automatique, mais l'intérêt supérieur de l'enfant et la vie familiale sont des motifs d'annulation fréquents quand la scolarité est ancienne et que la famille n'a plus d'attaches ailleurs.
Gratuit · trente secondes
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