Vous avez déposé votre demande d'autorisation de travail sur l'ANEF et, depuis, votre espace personnel affiche « en cours d'instruction ». Votre futur employeur vous relance, la date d'embauche approche, et personne ne vous dit combien de temps l'attente va durer. Le suivi d'une demande d'autorisation de travail n'est pas une simple consultation d'écran : c'est une lecture juridique de ce qui se passe entre le dépôt du dossier et la décision de l'administration, avec des délais précis, des relances à faire au bon moment et des recours à activer si le silence se prolonge.
Cet article détaille chaque étape du suivi, les documents à préparer, les délais applicables, les raisons possibles d'un blocage et les recours en cas de refus. Si vous n'avez pas encore déposé votre dossier, commencez par notre page dédiée à la demande initiale d'autorisation de travail pour un salarié étranger.
Le suivi d'une demande d'autorisation de travail se fait sur l'ANEF (Administration Numérique des Étrangers en France), le portail du ministère de l'Intérieur. L'employeur y dépose le dossier, la plateforme main-d'œuvre étrangère l'instruit, et le salarié consulte l'avancement et la décision depuis son propre espace personnel.
La procédure repose sur une répartition claire des responsabilités, encadrée par le code du travail :
L'employeur : dépose la demande d'autorisation de travail sur la plateforme dédiée, joint le contrat, la fiche de poste et les justificatifs de l'entreprise.
L'étranger salarié : reçoit une notification, consulte l'état d'avancement sur son espace ANEF et récupère la décision une fois l'instruction terminée.
L'autorité administrative (services de la main-d'œuvre étrangère rattachés à la préfecture) : instruit le dossier au regard des critères légaux et notifie l'accord ou le refus.
Pour comprendre l'ensemble du parcours avant même le dépôt, notre guide de la demande d'autorisation de travail pose les bases. Si vous êtes concerné par un contrat en CDI ou CDD encadré par un employeur français, la page consacrée à la demande d'autorisation de travail pour salarié étranger détaille les pièces à réunir. Enfin, pour un panorama plus large des titres concernés, consultez notre page sur l'autorisation de travail.
Connectez-vous sur administration-etrangers-en-france.interieur.gouv.fr avec vos identifiants, puis ouvrez la rubrique « Mes démarches en cours ». Vous y consultez en temps réel le statut de la demande déposée par votre employeur, du dépôt jusqu'à la décision, et chaque changement déclenche un courriel automatique.
Sur votre espace personnel ANEF, quatre mentions se succèdent le plus souvent :
Déposée : le dossier est réceptionné, l'horodatage fait courir le délai d'instruction.
En cours d'instruction : les services de la main-d'œuvre étrangère examinent les pièces et la cohérence du poste.
Complément demandé : une pièce manque ; l'employeur doit répondre rapidement, faute de quoi l'instruction se prolonge.
Décision rendue : accord ou refus, téléchargeable au format PDF depuis votre compte.
Chaque changement de statut génère un courriel à l'adresse enregistrée : vérifiez vos spams et gardez la même adresse pendant toute la procédure. L'employeur reçoit les mêmes alertes sur son propre compte. Pour anticiper la suite, notre page dédiée au délai d'obtention d'une autorisation de travail détaille les repères à connaître avant de vous inquiéter d'un silence.
Un suivi fluide se joue avant le dépôt : un dossier complet dès le premier envoi évite les demandes de complément qui rallongent l'instruction de plusieurs semaines. L'employeur rassemble les pièces liées au poste et à l'entreprise, le salarié fournit celles qui prouvent son identité et ses qualifications.
| Pièce | Qui la fournit | Pourquoi elle est demandée |
|---|---|---|
| Formulaire Cerfa de demande d'autorisation de travail | Employeur | Support officiel de la demande, identifie le poste et les parties |
| Contrat de travail signé ou promesse d'embauche | Employeur | Prouve le lien salarial et la nature du poste (CDI, CDD, durée) |
| Extrait Kbis et justificatif d'identité du représentant | Employeur | Vérifie l'existence légale de l'entreprise et la qualité du signataire |
| Passeport et justificatif de séjour du salarié | Salarié étranger | Identifie le demandeur et sa situation administrative actuelle |
| Diplômes, CV et attestations d'expérience | Salarié étranger | Justifie la qualification requise pour le poste proposé |
| Justificatif de recherche préalable (offre publiée) | Employeur | Requis si le métier ne figure pas sur la liste des métiers en tension |
Toute pièce manquante déclenche un message « Complément demandé » sur l'espace ANEF : l'instruction est suspendue jusqu'à la réponse. Si vous préparez en parallèle votre venue en France, notre page dédiée à la demande de titre de séjour détaille les documents à anticiper pour la suite.
Le délai d'instruction de référence est de deux mois à compter du dépôt d'un dossier complet sur la plateforme ANEF. Passé ce délai sans réponse, le silence de l'administration vaut refus implicite, ce qui ouvre les voies de recours.
J0 : dépôt de la demande par l'employeur sur l'ANEF, avec toutes les pièces listées.
J+15 environ : accusé de réception ou message « Complément demandé » si une pièce manque ; le délai d'instruction est alors suspendu jusqu'à votre réponse.
J+60 : décision expresse (accord ou refus motivé) notifiée sur l'espace personnel, ou à défaut refus implicite né du silence.
Cette chronologie situe les trois points clés du parcours : le dépôt qui déclenche le compte à rebours, la demande de complément qui le met en pause, la décision finale à deux mois.
La nature du contrat pèse sur la démarche : un CDI ouvre droit à une carte « salarié », un CDD ou un contrat saisonnier orientent vers la mention « travailleur temporaire ». Le traitement est plus fluide lorsque le poste figure sur la liste des métiers en tension, car l'employeur est dispensé de prouver une recherche préalable infructueuse. Si vous êtes demandeur d'asile, notre page sur la demande d'asile et l'autorisation de travail précise le régime applicable.
Le délai de réponse est de deux mois à compter du dépôt complet sur l'ANEF. Passé ce délai sans notification, le silence vaut refus implicite.
Plusieurs causes prolongent l'attente :
pièce manquante au dossier ;
vérifications sur l'employeur ;
examen de la situation de l'emploi ;
contrôle de la rémunération proposée.
Un complément de dossier réclamé par l'administration met le délai en pause tant que vous n'avez pas répondu. Les motifs les plus courants tiennent à la vérification que l'employeur est à jour de ses obligations sociales et fiscales, à l'examen de la situation de l'emploi dans le bassin (recherche préalable de candidats sur le marché du travail, sauf métier en tension), et au contrôle du niveau de rémunération proposé, qui doit correspondre au poste et au minimum conventionnel applicable.
Sur votre espace personnel, la mention « en cours d'instruction » qui persiste au-delà de six à huit semaines, ou un message « pièce à fournir », signale le blocage. Ouvrez la messagerie du dossier, identifiez la demande précise, répondez sous quinze jours avec un document lisible et daté. Si aucun message n'apparaît mais que le délai file, Mon Avenir en France peut envoyer une relance écrite à la Dreets pour obtenir une position formelle avant l'échéance des deux mois.
La décision est notifiée sur votre espace ANEF et par courriel. Une décision favorable rend l'autorisation téléchargeable au format PDF, transmise automatiquement à l'employeur ; si vous résidez à l'étranger, elle part au consulat pour la délivrance du visa long séjour. Un refus est motivé et mentionne les voies et délais de recours.
Dès réception du courriel, connectez-vous à l'ANEF et téléchargez le document. Vérifiez ligne par ligne les mentions qui engagent votre séjour et votre contrat :
Identité et nationalité : orthographe exacte, date de naissance, numéro d'étranger.
Employeur : raison sociale, SIRET, adresse de l'établissement d'affectation.
Poste et qualification : intitulé, code ROME, niveau de classification conventionnelle.
Rémunération : montant brut mensuel ou annuel, conforme à l'offre.
Quotité de travail : temps plein ou pourcentage de temps partiel.
Durée : dates de début et de fin de validité de l'autorisation.
Une erreur sur l'une de ces mentions se signale sans attendre via la messagerie du dossier : une autorisation inexacte bloquera la suite (visa au consulat, remise du titre en préfecture, embauche effective). Si vous êtes déjà en France, présentez le document à votre employeur pour la déclaration préalable à l'embauche. Depuis l'étranger, prenez rendez-vous au consulat avec l'autorisation et les pièces demandées pour votre visa long séjour. En cas de doute sur la lecture de la décision, Mon Avenir en France peut relire la notification avec vous.
Face à un refus, vous disposez de deux mois à compter de la notification (ou de la naissance d'un refus implicite) pour agir. Trois voies existent, cumulables :
le recours gracieux devant l'autorité qui a statué ;
le recours hiérarchique devant le ministre chargé de l'immigration ;
le recours contentieux devant le tribunal administratif.
Refus pour pièce manquante ou erreur matérielle : privilégiez le recours gracieux, plus rapide, en joignant la pièce manquante.
Refus fondé sur la situation de l'emploi ou un motif d'appréciation : le recours hiérarchique auprès du ministre permet un second regard sur le fond.
Refus tardif, délai serré ou motif de droit contestable : saisissez directement le tribunal administratif pour préserver vos droits.
Silence de l'administration pendant deux mois : un refus implicite naît et ouvre les mêmes voies de recours.
Ce schéma montre, selon le motif du refus et le délai restant, quelle voie de recours privilégier et l'articulation possible entre les trois.
Un recours gracieux ou hiérarchique déposé dans le délai de deux mois proroge celui du contentieux : vous conservez la possibilité de saisir le juge si la seconde décision vous est défavorable. Le dossier gagne à être construit avec un avocat en droit des étrangers : il identifie le moyen utile (erreur de droit, défaut de motivation, appréciation manifestement erronée), rédige la requête et rassemble les pièces. La procédure des recours administratifs est détaillée par l'administration. Mon Avenir en France peut examiner votre refus et bâtir la stratégie adaptée.
Le suivi de votre demande d'autorisation de travail se fait sur l'ANEF, où chaque changement de statut est horodaté. L'administration dispose de deux mois pour répondre : passé ce délai, le silence vaut refus implicite. Trois voies existent alors : recours gracieux auprès de l'auteur de la décision, recours hiérarchique devant le ministre, ou recours contentieux devant le tribunal administratif, à exercer dans les deux mois.
Un dossier préparé avec méthode et des délais tenus au jour près conditionnent l'issue de la procédure. Pour sécuriser votre demande d'autorisation de travail, appuyez-vous sur notre page dédiée à la constitution du dossier initial et sur celle qui détaille le calendrier d'obtention. Mon Avenir en France examine votre situation et construit avec vous la démarche adaptée.
Vérifiez d'abord que vous êtes connecté au bon compte, avec le numéro étranger utilisé lors du dépôt. Si l'écran reste vide plus de quinze jours après la soumission, signalez l'anomalie via le formulaire d'assistance ANEF en joignant l'accusé de dépôt horodaté. Conservez une copie écran datée : elle constitue la preuve du silence gardé, point de départ du délai de deux mois qui ouvrira le refus implicite si aucune réponse n'intervient.
Non, sauf si vous détenez déjà un titre qui vous en donne le droit. L'article L. 421-1 du CESEDA subordonne la délivrance de la carte "salarié" à la détention préalable de l'autorisation de travail. Débuter l'activité avant obtention expose le salarié à la rupture du contrat et l'employeur à des sanctions pénales et financières. Attendez la notification officielle, même si l'employeur souhaite fixer une date d'embauche rapide.
Non, un refus implicite ouvre au contraire les mêmes voies de recours qu'une décision écrite. Vous disposez de deux mois à compter de la naissance du refus pour engager un recours gracieux devant l'auteur de la décision, un recours hiérarchique devant le ministre de l'Intérieur, ou saisir directement le tribunal administratif. Pensez à demander par écrit la communication des motifs : l'administration doit alors les fournir, ce qui prolonge d'autant le délai contentieux.
Un dossier complet dès le dépôt reste le meilleur levier : chaque pièce manquante déclenche une demande de complément qui suspend l'instruction. Passé le troisième mois sans nouvelle, une relance écrite avec accusé de réception, adressée au service instructeur et rappelant la date de dépôt, invite l'administration à statuer. Si le silence persiste, agir au bon moment, par recours administratif ou saisine du juge, reste plus efficace qu'une multiplication de relances. Mon Avenir en France peut cadrer cette démarche.